MOUVEMENT RADICAL Social-Libéral 34

Relocalisation de la production pharmaceutique

Le Mouvement Radical de l’Hérault soutient la démarche de 60 députés

Allons-nous vers une pénurie de médicaments ?

Chaque jour ou presque l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) publie des alertes de tension d’approvisionnement ou de rupture de stock de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Pourtant ces médicaments sans alternative thérapeutique ou dont la suspension du traitement est susceptible de mettre en jeu le pronostic vital des patients sont indispensables.

Mais bien d’autres médicaments sont également concernés par ces problèmes d’approvisionnement à tel point que 25% de la population déclare avoir été confrontée à des difficultés de cet ordre (selon un sondage BVA).
Cette situation n’est pas nouvelle mais ne fait que s’aggraver. En 2008, 44 médicaments avaient été signalés par l’ANSM, en 2018 ce sont 868 médicaments qui ont connu des difficultés d’approvisionnement et probablement plus de 1200 en 2019.

Les principaux médicaments concernés sont les antibiotiques, les corticoïdes, certains médicaments du système nerveux, les anti-rétroviraux employés dans le traitement du SIDA ou encore les anti-cancéreux et de nombreux vaccins. L’afflux de malades de la Covid-19 dans les services de réanimation a également mis en tension des curarisants et des anesthésiants.

Alors comment en sommes-nous arrivés à une telle situation ?

L’une des raisons majeures est la perte de production en France ou en Europe des principes actifs (la molécule qui procure l’action du médicament comme le paracétamol dans votre Doliprane ® ou votre Dafalgan ®).
Actuellement 80% des fabricants de principes actifs sont hors de l’Union Européenne. Les principaux industriels de la chimie fine sont aujourd’hui chinois ou indiens.

Par exemple, la Chine produit 90% de la pénicilline ou 80% du paracétamol mondial ; l’Inde produit 60% des anti-rétroviraux ou des vaccins vendus dans le monde et plus de 30% des médicaments vendus aux USA proviennent des consortiums indiens comptant plus de 10 000 laboratoires de production.

C’est ainsi que notre fameux paracétamol n’est plus produit en Europe depuis plus de dix ans mais essentiellement en Chine. Les comprimés ou les gélules peuvent être fabriqués en Inde, conditionnés en Pologne et enfin livrés aux grossistes en France.

Tout ce processus a évidemment comme objectif d’accroître la rentabilité de la fabrication des médicaments.

Il faut savoir, et c’est une autre raison, que la conception d’un médicament nécessite une dizaine d’années. Les brevets protègent le concepteur pendant vingt ans. Il ne reste donc que dix années de commercialisation avant que le médicament ne tombe dans le domaine public et donne lieu à la commercialisation de génériques. La rentabilité doit donc être forte sur cette courte durée. Mais, en France, le prix de vente d’un médicament remboursable par l’assurance maladie est fixé par accord entre le fabricant et le ministère de la santé. C’est ce qui explique que les prix des médicaments en France sont parmi les moins élevés. La commercialisation est donc moins rentable pour les laboratoires qui cherchent grâce aux délocalisations à réduire leurs coûts de production. Cette politique conduit même parfois à la suppression de certains médicaments jugés peu rentables par les fabricants. De même, quand le médicament tombe dans le domaine public la concurrence des firmes chinoises ou indiennes est si forte que les génériques ne peuvent être produits en Europe où les coûts de production sont plus élevés.

Un chiffre illustre parfaitement cette situation : il y a 25 ans environ un médicament sur deux vendu en France était produit sur le territoire national, aujourd’hui c’est seulement un sur dix.

Alors, que faire ?

La pandémie que nous vivons a fait prendre conscience que la santé de nos concitoyens relève de la souveraineté nationale et qu’il n’est pas acceptable d’être dépendant des dérives de la mondialisation.

S’il est vrai que les nouveaux médicaments relèvent de plus en plus des biotechnologies pour l’instant mieux maitrisées en occident, les médicaments essentiels sont encore issus de la chimie fine, donc produits en Inde et en Chine.

La relocalisation de la production pharmaceutique sur notre territoire doit être rapidement envisagée. La France dispose d’une industrie pharmaceutique reconnue avec des groupes qui pèsent mondialement comme Sanofi ainsi que de start-up innovantes dans le domaine de la recherche médicale. Il est urgent d’agir.

C’est ce que propose Philippe Huppé, député de l’Hérault, qui a rencontré récemment des industriels de la pharmacie. Avec l’appui de 60 députés il a publié un manifeste qui entend attirer l’attention des pouvoirs publics sur cette problématique.

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